Un barrage anti-sargasses au port du Marigot

 
 
Mercredi 13 juillet 2016, un barrage anti-sargasses a été mis en place sur le port du Marigot.

LE PROJET DE RISK

La société RISK a été retenue dans le cadre de l’AMI de Martinique pour son projet d’essais de barrages anti-pollution pour la collecte des sargasses.
Deux sites ont été identifiés pour la mise en place de tels barrages : le port du Marigot et la commune du Robert.
Ainsi, un premier barrage d’une longueur d’un peu plus de 60 mètres a été installé mercredi 13 juillet 2016 sur le port de pêche du Marigot dans une configuration de déviation des algues vers un point de collecte. Les algues devraient glisser le long du barrage sous l’influence des vents pour venir s’accumuler à proximité de l’appontement « plaisanciers ».

La mise en place du barrage doit protéger le port et permettre une collecte plus aisée dans une zone définie et non entre les bateaux du port.

Le barrage utilisé est de type Goéland 250 du constructeur RCY groupe BHD. Le barrage est composé de flotteurs en mousse de forme cylindrique qui se prolongent par une jupe lisse en PVC lestée par une chaine. Le barrage est ancré par des chaines de mouillage fixées aux corps morts ou point d’ancrage. Les corps morts en béton ou les points d’ancrages par scellement chimique sont répartis tous les 7 mètres le long du barrage.
Le barrage peut être enlevé en cas de conditions météorologiques particulières, les ancrages sont alors signalisés par des bouées.

Une Autorisation d’Occupation Temporaire du littoral a été délivrée par la Direction de la Mer de Martinique afin de permettre l’occupation du domaine public de l’Etat. Celle-ci est délivrée pour une durée de 6 mois à la société RISK et pourra être à termes être transférée à la commune du Marigot.

Le déploiement du barrage sur le port du Marigot est la première étape du projet de la société RISK. Cette expérimentation permettra de valider techniquement le dispositif et d’identifier son adéquation pour la collecte des algues sargasses. Une évaluation technico-économique du dispositif sera réalisée par un bureau d’études indépendant (rendement de collecte, coûts du dispositif, efficacité…).
Le projet global de RISK (Marigot et Robert) est évalué à 242 k€ dont le soutien de l’ADEMEagence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie représente 70% (169 k€). Le projet comprend l’acquisition du linéaire de barrage et la réalisation d’essais de collecte.
Les algues collectées seront ensuite évacuées vers un centre de valorisation par compostage.

LES PARTICIPANTS

- RISK : Mme Annie-Dominique POULLET et M. Matthieu KAUTZMANN
- CARIBE DIVING COMPANY : M. Renaud Clabecq en charge de la mise en oeuvre des ouvrages en mer et travaux subaquatiques
- Le Sous-Préfet de Trinité et de Saint-Pierre en charge des expérimentations sur les sargasses : M. GUILLET Etienne
- ADEMEagence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie : Justine ECKLY, chargée de mission sargasses
- Les services techniques de la ville du Marigot
- Les services techniques de la Ville du Robert

Éléments de contexte

En 2015, l’ADEMEagence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie a lancé, en Martinique puis en Guadeloupe, un Appel à Manifestation d’Intérêt « collecte et valorisation des algues sargasses».
Les comités de sélection de ces appels à projets ont permis de désigner les lauréats selon les thématiques suivantes :
- l'amélioration des outils de surveillance et prévision du phénomène à l'échelle locale.
- la définition de moyens de collecte adaptés au milieu d'échouage (fonds de baie, plages) sur terre ou en mer : aide sur la réalisation d’essais lors d’échouages afin d’acquérir des données techniques et économiques sur les différentes méthodes.
- l’identification et la mise en place de modes de valorisation des algues.

En Martinique, 11 projets sont soutenus dans le cadre de l’AMI avec 9 projets de collecte et 2 projets de valorisation par compostage. L’ADEMEagence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie soutient également d’autres projets hors cadre de l’AMI sur la valorisation des sargasses par épandage agricole, la réalisation d’un réseau de suivi de la qualité de l’air, la prévision des blooms de sargasses.