Sécurité maritime

Exercice ORSEC maritime de niveau 3 « POLMAR 2018 »

 
 
Exercice ORSEC maritime de niveau 3  « POLMAR 2018 »

AEM Antilles – Exercice ORSEC maritime de niveau 3
« POLMAR 2018 »
Jeudi 31 mai a été organisé dans la baie de Fort-de-France l’exercice ORSEC maritime de niveau 3 annuel : « POLMAR 2018 », ayant pour thème une pollution maritime. Dans le cadre de l’exercice, une fuite simulée lors d’une opération de chargement de gazole au niveau de l’appontement sur le site de la SARA (Société Anonyme de Raffinerie des Antilles) a donné lieu à l’activation du plan POLMAR de cette société. Après une maîtrise partielle de cette nappe de gazole, le CROSS AG a été prévenu. Ce dernier a ensuite relayé l’information vers l’équipe de gestion d’intervention (EGI) POLMAR – le CCMO/M du CENTOPS FAA en l’espèce.

Ce dernier a alors donné l’ordre aux moyens ANTIPOL de la marine nationale situés au niveau de la base navale, dont le RPC « Maïto », l’Alouette III de la 22S et l’embarcation de servitude antipollution (ESA) de se déployer pour circonscrire au large la pollution dans l’espace maritime. Le niveau 3 du dispositif ORSEC maritime ayant été activé par le directeur des opérations de secours (DOS), l’équipe de gestion de crise (EGC) a quant à elle été déployée au niveau de la préfecture, afin de couvrir notamment les volets communication, finances et décisions stratégiques.

Ainsi, pendant toute une martinée, l’ensemble des acteurs du dispositif ORSEC maritime – volet POLMAR auront été déployés avec outre la mécanisation et l’entraînement des membres de l’EGI POLMAR, de l’EGC, et des marins de la base navale de Fort-de-France, une découverte plus approfondie d’un des principaux industriels français des Antilles.

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Interview du lieutenant de vaisseau Rodolphe Bakis, chef de la cellule anti-pollution de la base navale de Fort-de-France.

« Les éléments de la base navale sont déployés aujourd’hui dans le cadre d’un exercice « POLMAR 2018 » qui vient en appui d’un exercice de la SARA.

Le scénario consiste à considérer qu’il y a eu une fuite lors d’une opération de chargement/déchargement de gasoil au niveau de l’appontement de la SARA. Cette fuite est actuellement confinée au 2/3 par les moyens de la SARA. En ce qui nous concerne, nous intervenons sur les excédents de nappes de gasoil qui s’éloignent au large avec les moyens étatiques qui ont été déclenchés sur ordre du Préfet de la Martinique. Les moyens mis en place aujourd’hui sont le RPC « Maïto », un remorqueur de la marine nationale, l’embarcation de servitude antipollution (ESA) ainsi qu’un remorqueur de la SOMARA. Un pousseur de la marine nationale intervient quant à lui en 2nd rideau pour ramasser les petites nappes qui ne seraient pas récupérées par les moyens mis en place en amont. L’Alouette III de la 22S contribue, quant à elle, à fournit une image aérienne de la dérive de la nappe.

Les moyens que vous voyez aujourd’hui n’ont à ce jour jamais été déployé dans la réalité. Par chance, nous n’avons pas eu en Martinique de grosses ou de petites pollutions.

Nous menons des exercices de ce type très régulièrement, l’année dernière, nous avons effectué un exercice avec la centrale EDF de Bellefontaine.

Dans la même logique que pour des feux de forêt ou des incendies majeurs, les marins de la base navale mécanisent le dispositif et apprennent à travailler avec les différents acteurs de la Martinique afin qu’existe une vraie complémentarité des moyens de façon à pouvoir intervenir efficacement si cela devait se produire dans la réalité.

Aussi, nous avons mobilisés pour « POLMAR 2018 » une vingtaine de marins de la base navale. »

Interview du maître principal Mickaël Claire, commandant le RPC « Maïto » basé à Fort-de-France.

 « La spécificité de ce remorqueur réside dans le fait qu’il est dévolu à différentes missions. Aujourd’hui, c’est pour une mission anti-pollution qu’il est déployé à la mer. Nous disposons en effet de la capacité de pouvoir mettre en œuvre plusieurs barrages flottants. Pour cet exercice, nous avons déployé 240 mètres de barrage, notre potentiel étant de 600 mètres. Nous avons également à notre disposition des moyens d’aspiration et de récupération des nappes de pollution par hydrocarbure ou autres matières de ce genre, que ce soit des carburants légers ou lourds, ce que nous appelons des écrémeurs.

Nous pouvons travailler en moyen unique ou à deux remorqueurs comme c’est le cas aujourd’hui avec celui de la SOMARA. Aussi en collaboration avec la base navale et sa cellule anti-pollution, le spectre des capacités auxquelles nous pouvons avoir recours est dimensionné pour faire face à ce genre de problématique, que ce en proche côtier mais également au large sur des pollutions à partir de pétroliers et autres bâtiments de ce type.