Sécurité publique

Bilan de la sécurité 2017 et perspectives 2018

 
 
Bilan de la sécurité 2017 et perspectives 2018

Le jeudi 22 février s'est tenue la conférence de presse dédiée aux chiffres de la sécurité 2017 et aux perspectives pour 2018.

Le préfet de la Martinique et le procureur de la République ont présenté le bilan 2017 de l’activité des services de sécurité ainsi que les nouveautés et orientations pour l’année 2018.

Ces données statistiques permettent aux autorités de mesurer les efforts fournis par les services de sécurité pour assurer la sécurité des citoyens. Par ailleurs, ces chiffres révèlent les évolutions de la délinquance et de leur typologie, permettant aux autorités et services d’adapter leurs actions en fonction des faits constatés.

L’évolution de la délinquance demeure orientée à la baisse en 2017, en Martinique

Le niveau de délinquance est de l’ordre de la moyenne nationale soit 57,1 faits pour 1000 habitants, contre 56 au niveau national.

De manière générale, la délinquance martiniquaise reste peu structurée et sophistiquée, et ressort davantage d’une délinquance d’opportunité ou de circonstances.

Quelques caractéristiques :

  1.  Les atteintes aux biens connaissent une baisse de 5 % en 2017 (8857 atteintes aux biens en 2017 contre 9336 en 2016 soit 479 faits de moins)

Cet indicateur connaît pour la Martinique un taux de criminalité inférieur à celui de l’hexagone depuis 10 ans.

A noter la baisse du nombre de cambriolages, de 10 % en 2017 et la baisse des vols avec violence, de 12,5 % (mais maintien du même niveau des vols à main armée).

  1.  Les atteintes volontaires à l’intégrité physiques (AVIP) ont été stables en 2017 soit 4967 faits contre 4973 en 2016.  
  2.  Les violences à l’encontre des femmes demeurent à un niveau élévé. Les violences sexuelles sont notamment en augmentation de 17,3 %..
  3.  Les escroqueries et infractions économiques et financières sont en augmentation de 8,8 % en 2017 mais demeurent inférieures au taux national.  

A noter la bonne activité des services avec la lutte contre le travail clandestin et l’emploi d’étrangers en situation irrégulière qui augmente de 22 %.

9 réunions du CODAF l’année dernière et 25 opérations ont été coordonnées à ce titre.

Un degré de violence persistant

Malgré la tendance baissière de la délinquance en Martinique, la violence des faits, comme l’utilisation, qui se banalise, des armes blanches et armes à feu, restent des facteurs d’inquiétude et de forte mobilisation des services :

Le niveau des violences physiques non crapuleuses (7,36‰ contre 4,92‰ au niveau national) reflète le recours fréquent à des violences, avec armes ou non, sur le département, souvent dans un cadre familial ou entre proches.

Le niveau des violences sexuelles, ces dernières années proche du niveau national, connaît une augmentation supérieure au reste du territoire national (0,67‰ contre 0,59‰), connaît une augmentation de 17 % . Si l’on peut en partie rapprocher cette évolution du phénomène national de dénonciation des faits de ce type (augmentation nationale de 9,1 % durant la même période), son ampleur inquiète et entraîne une mobilisation des forces de sécurité intérieures sur ce sujet.

Enfin, la part des mineurs impliqués est préoccupante (14,1% des impliqués pour 9,6% sur l'ensemble du territoire national), particulièrement dans les violences crapuleuses ou sexuelles.

La lutte contre les trafics de stupéfiants

La lutte contre les trafics de stupéfiants, sur le marché local comme international demeure une problématique de premier plan. L’activité de l’antenne Caraïbes de l’OCRTIS, basée à Fort-de-France, connaît une progression constante depuis 2010. Les saisies 2016 s’élèvent à 3,7 tonnes de stupéfiants, celles 2017 à 3,5 tonnes.

Depuis le début des années 2000, avec la réorientation du trafic de cocaïne en direction de l’Europe, les Antilles françaises sont devenues à la fois une zone de rebond et une zone de stockage de la cocaïne destinée à la France et à l’Europe.

 

La sécurité routière : une délinquance qui s’ignore.

Le nombre d’accidents a augmenté de 24 % sur l’année 2017. Ceux-ci impliquent quasi systématiquement des fautes de comportements (alcool, vitesse, absence de casques ou de ceintures). Les usagers de deux-roues motorisés représentent à eux seuls 1 tiers des tués.

La moyenne d'âge des tués sur la route en 2017 est de 34 ans avec la moitié des tués, qui ont moins de 30 ans.

Force est de constater qu’une frange de la population reste hermétique aux messages de prévention. En outre, l’absence très répandue du port du casque conduit une partie de la population à ressentir un sentiment d’injustice face à ce qui est considéré à tort comme une impunité.

Les contrôles routiers ont été renforcés de façon significative depuis le début de l’année, dans le cadre du document général d’orientation 2016-2020 et des instructions ministérielles.

Une mobilisation autour des grands événements et lieux de forte affluence

Les partenariats entre les forces de sécurité et les collectivités locales se sont développés pour une meilleure efficacité à l’occasion de grands événements (carnaval, tour des yoles, tour cycliste…).

Un dispositif spécifique de sécurité a été développé durant la haute-saison touristique (novembre-avril) en particulier du fait des escales de navires de croisières.

La mise en œuvre de la police de sécurité du quotidien (PSQ), fil rouge de l’année 2018

La PSQ c’est :

1. Un effort de méthode, avec plus de partenariat et de souplesse, plus de déconcentration des décisions, plus de simplification de la procédure pénale

2. Un effort sur le matériel et les équipements : tablettes numériques, immobilier, caméras piétons.

3. Un métier en évolution, plus nomade, grâce à l’appui des technologies numériques

4. Plus de contacts avec la population.

En 2018, la lutte contre les atteintes aux biens et aux personnes, les vols à main armée et contre les cambriolages sera poursuivie. Cela passe par une volonté résolue de proximité dans le souci majeur de recherche du renseignement et d’établissement du lien de confiance avec les concitoyens.

En ce sens, la police de sécurité du quotidien doit permettre d’atteindre cet objectif. Il s’agit de retisser du lien avec les populations.

Ce dispositif répond également à une volonté des forces de sécurité d’accroitre leur présence sur le terrain et de se recentrer sur le cœur de métier des forces de l’ordre.

En complément des effectifs mobilisés à l’occasion des opérations coordonnées, la présence d’équipes au quotidien sur le terrain sera renforcée pour être encore plus proches des citoyens.

Trois grandes priorités ont été fixées pour 2018 : lutter contre les viols, les drogues et la délinquance routière.

Vous pouvez consulter ici le dossier de presse:

> DP Bilan sécurité 2017 et perspectives 2018 Martinique - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 4,57 Mb