Sécurité publique

L’État se mobilise pour prévenir le dopage

 
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Le CiFAD (Centre Interministériel de Formation Anti-Drogue) amorce la lutte contre le dopage et les conduites dopantes aux Antilles-Guyane.

En lançant en Martinique, du 26 au 30 janvier 2015, une campagne de sensibilisation au dopage et aux conduites dopantes, le CiFAD a réuni des acteurs publics de différentes institutions pour échanger sur ce problème de société et de santé publique qui touche la collectivité entière.

Initiée consécutivement à une formation organisée sur cette thématique en décembre 2014 à l’institut national de formation de la police nationale (INFPN) à Clermont-Ferrand de l’un de ses policiers formateur anti-drogue (PFAD), la semaine consacrée à la prévention et à la répression des conduites dopantes s’inscrit dans le droit fil de la mise en œuvre du plan gouvernemental de lutte contre les conduites addictives porté par la MILDECA.

La lutte contre le dopage commence très en amont en travaillant sur les comportements qui, au nom de la performance, amènent à utiliser des substances censées aider à réaliser voire dépasser les objectifs demandés. Caféine concentrée dans des boissons toujours plus énergisantes, guarana, vitamines, fer, magnésium, antidouleurs, pilules amincissantes, brûleurs de graisse, protéines pour le muscle, taurine, créatine, etc… La liste est longue.

Comment s’étonner de voir les sportifs recourir aux mêmes stratagèmes ?

Double objectif pour cette campagne, casser l’idée d’un recours systématique à des molécules toujours plus nombreuses et plus chères, et informer les sportifs sur la conduite dopante particulière : le dopage.

Une campagne innovante

Les deux premières journées d’information étaient exclusivement consacrées à des acteurs pluridisciplinaires (médecins, psychologues, infirmière scolaire, assistante sociale, douane, police judiciaire, entraîneurs sportifs, enseignants d’EPS) réunis ensemble pour être sensibilisés sur les dangers de la propagation du dopage.

C’est ensuite que 214 jeunes sportifs issus des 14 pôles sportifs de la région Martinique inscrits en parcours d’excellence sportive ont pu être à leur tour sensibilisés en compagnie de leurs parents et entraîneurs. Juste après et ce, durant deux journées, les cadres techniques sportifs relevant de l’Etat, et les cadres fédéraux ont pu bénéficier d’une information opérationnelle appropriée et actualisée, tout comme les dirigeants de ligues et de clubs appartenant au mouvement sportif martiniquais.

Cette action, menée en partenariat avec la DJSCS Martinique, le CIRAD Antilles-Guyane et l’AMPD Antilles-Guyane, a principalement été animée par le référent national police dopage, formateur antidrogue en fonction à la brigade des stupéfiants de Paris (BSP), en synergie avec une psychologue clinicienne en fonction à la DDSP Martinique, un vice-procureur de la JIRS au TGI de Fort-de-France, le médecin addictologue, responsable de l’AMPD Antilles-Guyane, et un formateur anti-drogue du CiFAD.

Les mots d’ordre de cette première action ont été : partenariat et interventions précoces

Définissons la conduite dopante et le dopage

Nous recherchons tous à obtenir un résultat par rapport à un objectif que nous nous sommes fixés lors de l’accomplissement d’une tâche, qu’elle soit évaluée par nous-mêmes ou par autrui. Aussi, parfois, pour surmonter un obstacle réel ou supposé à l’obtention de cette performance, la personne peut être amenée à consommer une substance autorisée (ex : la caféine) ou interdite par la loi (ex : anabolisant, cocaïne). On parlera donc de conduite dopante.

Le dopage, quant à lui, ne concerne qu’une tranche précise de la population : les sportifs se préparant ou participant à une manifestation organisée par une fédération agréée.

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CIRAD : correspondant interrégional antidopage
AMPD : antenne médicale de prévention du dopage
JIRS : juridiction interrégionale spécialisée